Le bazar Chorsu de Tachkent comme porte d'entrée dans la street food ouzbèke : samsa sortie du tandoor, non tandyr, lagman aux nouilles tirées à la main et chachliks grillés. Guide pratique pour explorer les marchés alimentaires du pays au-delà du plov.
Pour découvrir la street food ouzbèke sans vous limiter au plov, commencez par le bazar Chorsu, à Tachkent : goûtez une samsa tout juste sortie du tandoor, un non encore tiède, un bol de lagman ou quelques chachliks grillés en fin de journée. Le grand dôme de Chorsu est une porte d’entrée très concrète dans la vie alimentaire du pays. Pour ne pas vous perdre, arrivez le matin, faites un premier tour sans acheter, repérez les sections, puis choisissez les stands où les clients locaux se succèdent.
Le plov mérite évidemment son propre voyage culinaire : sa tradition est déjà détaillée dans notre article sur la vraie recette du plov ouzbek. Ici, l’objectif est ailleurs : apprendre à manger dans les marchés, entre un départ de train, une visite de médersa ou une matinée passée à arpenter Tachkent.
Chorsu : lire le bazar de Tachkent avant de le parcourir
Le bazar Chorsu est l’un des grands repères de Tachkent. Son vaste dôme reconnaissable domine un ensemble commercial où l’alimentation occupe une place centrale. Le lieu peut sembler dense au premier abord, mais il n’est pas chaotique si l’on comprend sa logique : les produits sont généralement regroupés par familles, avec des zones consacrées à la viande, aux épices, aux pains, aux fruits et légumes, ainsi qu’aux fruits secs et aux noix.
Commencez par l’extérieur et les abords : c’est là que l’on croise souvent les vendeurs de non, de samsas ou de préparations prêtes à manger. Entrez ensuite sous le dôme pour les étals secs — épices, riz, fruits séchés, graines — avant de rejoindre les sections plus fraîches.
Le matin est le créneau le plus confortable. Pour un voyageur arrivé à Tachkent le matin même, Chorsu peut ainsi structurer une première demi-journée :
- prendre un thé et une samsa aux abords du marché ;
- faire un tour d’observation sous le dôme ;
- acheter quelques fruits secs pour la route ;
- déjeuner simplement d’un lagman ou de brochettes dans une petite adresse fréquentée par les habitants ;
- poursuivre avec les quartiers historiques ou les musées de la capitale.
Pour replacer cette halte dans un itinéraire plus large, consultez aussi notre guide complet de Tachkent.
À retenir : à Chorsu, ne cherchez pas une unique « meilleure adresse » figée. Cherchez d’abord le bon moment, un produit qui sort du four ou du grill, et un stand où la rotation est visible.
La samsa : le réflexe gourmand à la sortie du tandoor

Pour trouver la samsa la plus fraîche, observez le four ou demandez où se font les fournées. Les étals placés près d’un tandoor et les petites boutiques spécialisées sont en général les meilleurs endroits. Les panoramas proposés par Caravanistan sur la cuisine ouzbèke et par Advantour replacent bien ces préparations populaires dans un ensemble plus large.
Le non tandyr : un pain à manger, partager et ne pas gaspiller
Le non — souvent appelé non tandyr lorsqu’il est cuit dans ce four traditionnel — est le pain rond emblématique de la table ouzbèke. Sa forme, sa surface décorée et son cœur plus ou moins épais changent d’une ville à l’autre. Au-delà de l’alimentation, le pain possède une valeur symbolique forte dans la culture ouzbèke, associée à l’hospitalité et au partage.
Point de vigilance : le pain est meilleur le jour même. Si vous en achetez pour un trajet, choisissez un pain qui vient d’être livré ou sorti du four et protégez-le de l’écrasement dans votre sac.
Lagman : les nouilles tirées à la main, entre soupe et plat sauté
Le lagman mérite une place particulière dans un parcours de marché, car il permet de s’asseoir et de ralentir après les achats rapides. Il est préparé avec des nouilles tirées à la main, servies soit dans un bouillon garni de viande et de légumes, soit dans une version plus sèche et sautée. Ce plat est lié aux traditions culinaires ouïghoures et dounganes, aujourd’hui pleinement intégrées au paysage gastronomique d’Ouzbékistan.
Le site a déjà rassemblé les grands repères culinaires dans ses 12 plats incontournables de la cuisine ouzbèke. Mais dans un marché, le lagman se découvre par l’odeur du bouillon, le bruit de la cuisine et le rythme des habitués.
Chachlik : la cuisine de rue qui s’anime quand la journée baisse
Les chachliks sont des brochettes grillées, généralement préparées avec de l’agneau ou du bœuf. C’est surtout en fin d’après-midi et en soirée que les chachliks prennent toute leur place dans l’expérience de rue. Le meilleur repère reste visuel et olfactif : un grill actif, une cuisson à la demande et des clients qui viennent chercher leur repas sont de bons signaux.
| Spécialité | Où la chercher en priorité | Meilleur moment | Format de repas |
|---|---|---|---|
| Samsa | Abords des marchés, boutiques avec tandoor | Matin ou sortie de four | Collation ou déjeuner léger |
| Non tandyr | Vendeurs de pain, entrées de bazar | Matin | À partager, pour la route |
| Lagman | Petites salles près des marchés | Midi | Repas assis |
| Chachlik | Rues animées, grills de quartier | Fin de journée | Dîner simple et partagé |
| Fruits secs et noix | Étals couverts de Chorsu et bazars régionaux | Toute la journée | En-cas et provisions |
Fruits secs, noix et épices : le marché à emporter dans son sac

De Samarcande à Boukhara : prolonger l’expérience hors de Tachkent
Chorsu est une excellente initiation, mais il ne doit pas faire oublier les marchés régionaux :
- À Tachkent, consacrez une matinée à Chorsu pour prendre vos premiers repères culinaires.
- À Samarcande, prévoyez le bazar Siyob comme une pause nourrissante après les visites.
- À Boukhara, utilisez le marché central pour compléter un pique-nique ou observer les habitudes locales avant le dîner.
- Entre les villes, gardez dans votre sac un mélange de noix, d’abricots secs et de non plutôt que de dépendre exclusivement des arrêts de restauration.
Manger dans un bazar sans se gâcher le voyage
Quelques réflexes concrets améliorent nettement l’expérience :
- regardez d’abord ce que commandent les personnes autour de vous ;
- demandez, par gestes ou avec quelques mots simples, ce qui vient de cuire ;
- préférez les portions modestes lors du premier essai ;
- gardez du gel pour les mains et des mouchoirs dans votre sac ;
- pour boire, choisissez de l’eau en bouteille scellée.
Le plov reste une étape incontournable : approfondissez le sujet avec notre rencontre avec un maître oshpaz de Tachkent.