L'Ouzbékistan est un paradis pour les amateurs d'artisanat. Ce guide vous mène de bazar en bazar, avec prix indicatifs, meilleurs souvenirs et conseils de négociation pour ne pas se faire avoir.
Sommaire
- Les grands bazars d’Ouzbékistan : carte et caractéristiques
- Chorsu Bazar à Tachkent : le labyrinthe coloré
- Boutiques et ateliers de Samarcande : soie, miniatures, papier
- Le marché Lyab-i-Hauz de Boukhara : couvertures et céramiques
- Khiva : le bazar de l’Ichan Kala
- Comment négocier les prix sans froisser personne
- Que ramener d’Ouzbékistan : guide des meilleurs souvenirs 2026
Les grands bazars d’Ouzbékistan : carte et caractéristiques
L’Ouzbékistan ne se visite pas seulement à travers ses monuments. Ses bazars — vibrants, bruyants, colorés, odorants — sont une destination à part entière, une plongée dans la vie quotidienne qui date de l’époque où les caravaniers de la Route de la Soie y faisaient halte pour commercer. Chaque ville a son marché emblématique, et chacun a son propre caractère.
Le Chorsu Bazar de Tachkent est le plus grand et le plus spectaculaire. Couvert de ses coupoles bleues reconnaissables, il concentre tout l’approvisionnement de la capitale : épices, fruits secs, viandes, pains, textiles, artisanat. C’est le bazar pour comprendre l’Ouzbékistan quotidien.
Le bazar Siab de Samarcande est plus spécialisé dans l’alimentation (fromages fermentés, herbes fraîches, légumes locaux) mais le quartier autour du Registan concentre d’excellentes boutiques d’artisanat de qualité.
Les Taqs de Boukhara — ces dômes marchands médiévaux du XVIe siècle — forment un circuit commercial unique au monde. Le Taq-i-Sarrafon (dôme des changeurs), le Taq-i-Telpak Furushon (dôme des chapeliers) et le Taq-i-Zargaron (dôme des bijoutiers) abritent toujours des dizaines d’artisans et commerçants.
Le bazar de l’Ichan Kala à Khiva est le plus intime : circonscrit dans les murs de la cité fortifiée, il regroupe surtout de l’artisanat local (broderies, cuivre, instruments de musique). Un bazar dans un décor de conte oriental.
Pour explorer les marchés traditionnels et l’artisanat local en Europe et en Asie, l’Ouzbékistan figure parmi les destinations les plus généreuses au monde en termes de diversité artisanale. Tandis que Budapest offre ses marchés de Noël et ses boutiques de porcelaine Zsolnay, Samarcande propose la soie et le papier millénaires.
Chorsu Bazar à Tachkent : le labyrinthe coloré
Impossible de rater le Chorsu Bazar en arrivant à Tachkent : son dôme turquoise du XVIe siècle est visible depuis plusieurs rues alentour. C’est le marché couvert le plus vaste d’Asie centrale, et une visite s’impose même si vous n’avez rien à acheter — rien que pour l’ambiance et les odeurs.
Pour une vision complète de ce que Tachkent a à offrir au voyageur, le Chorsu est l’étape numéro un, idéalement en matinée quand les étals sont au complet et la lumière filtre par les fenêtres du dôme.
La section alimentaire sous le dôme
Sous la grande coupole, on trouve principalement : pains frais (lepyoshka), viandes, fromages fermentés (kurt), produits laitiers locaux. Les bouchers découpent à la vue de tous. Les fromagers vous feront goûter avant d’acheter. C’est beau, vivant, et légèrement éprouvant pour les narines — préférez la visite le matin avant la chaleur.
Les épices et fruits secs
Le secteur épices et fruits secs, autour et à l’extérieur du dôme, est une expérience à lui seul. Des pyramides de cumin, safran, piment doux, barberries séchées (épine-vinette), thé vert en vrac. Des montagnes d’abricots séchés (Ouzbékistan est l’un des premiers producteurs mondiaux), de raisins secs dorés, d’amandes, de pistaches, de noix.
Prix indicatifs épices et fruits secs (2026) :
| Produit | Prix indicatif |
|---|---|
| 500g abricots séchés premium | 25 000-40 000 UZS (2-3€) |
| 100g safran (vrac) | 50 000-80 000 UZS (4-6€) |
| 500g pistaches brutes | 35 000-55 000 UZS (2,50-4€) |
| Sachet cumin 100g | 5 000-10 000 UZS (0,40-0,75€) |
L’artisanat du Chorsu
Plus en périphérie du marché, les stands d’artisanat proposent couteaux Chust, chapeaux doppi, ceintures brodées, petits tapis et premières céramiques. Les prix ici sont négociables. C’est un bon endroit pour comparer avant d’acheter plus cher (parfois) mais de meilleure qualité dans les bazars de Samarcande ou Boukhara.
Horaires : 7h-19h tous les jours. Activité maximale 8h-12h.

Boutiques et ateliers de Samarcande : soie, miniatures, papier
Samarcande n’a pas de grand bazar à l’image du Chorsu. Son “shopping” est distribué dans des boutiques spécialisées et des ateliers d’artisans qui jalonnent les ruelles autour du Registan et du bazar Siab. La qualité est souvent supérieure à Tachkent, et l’expérience plus intime.
L’artisanat ouzbek — soie, céramique, suzani atteint à Samarcande un niveau d’excellence rare : les ateliers vendent directement au consommateur, souvent à des prix inférieurs aux boutiques intermédiaires.
La soie de Margilan
Bien que la capitale de la soie soit Margilan (à 5h de bus), Samarcande concentre de très belles boutiques de soie, notamment les tissus ikat aux motifs géométriques éblouissants. La qualité se reconnaît à la brillance naturelle du tissu (pas artificielle), à la régularité du motif et à la finesse du toucher.
Prix soie Samarcande (2026) :
- Foulard soie pure (70×70 cm) : 150 000-400 000 UZS (11-30€)
- Métrage soie ikat au mètre : 200 000-500 000 UZS (15-38€)
- Châle soie brodé : 400 000-900 000 UZS (30-68€)
Les miniatures et le papier ancestral
L’atelier de papier traditionnel Meros, à Konigil (15 min de taxi depuis Samarcande), est l’une des visites les plus mémorables qu’un voyageur puisse faire. On y fabrique le papier samarcandais selon des techniques millénaires (fibres de soie et de coton macérées, tamisées, séchées). Les artisans vendent des cahiers, albums, carnets de voyage — des souvenirs uniques et légers à transporter.
Les ateliers de miniatures autour du Registan produisent des peintures délicates sur papier, véritables héritières de l’art timouride du XVe siècle. Comptez 200 000-600 000 UZS pour une miniature de qualité.
Le marché Lyab-i-Hauz de Boukhara : couvertures et céramiques
Boukhara est sans doute la ville la plus agréable pour faire du shopping : son centre historique est piéton, les boutiques s’intercalent naturellement entre les monuments, et les Taqs (dômes marchands médiévaux) offrent un cadre incomparable pour flâner.
Les Taqs — dômes marchands du XVIe siècle
Les trois Taqs principaux forment un circuit de 30-45 minutes à pied. Chacun est spécialisé :
- Taq-i-Sarrafon : bijoux, dorures, argent travaillé
- Taq-i-Telpak Furushon : chapeaux, textiles, étoffes
- Taq-i-Zargaron : céramiques, cuivres, objets décoratifs
L’atmosphère fraîche sous les voûtes en brique est idéale pour le shopping en plein été. Les prix sont souvent négociables et les artisans parfois présents sur place.
Céramiques de Rishtan à Boukhara
Rishtan, ville de la province de Fergana, est la capitale ouzbèke de la céramique. Ses productions — plats, bols, vases aux motifs bleus sur fond blanc ou multicolores — se retrouvent dans toutes les boutiques de Boukhara. Reconnaissez la qualité artisanale à la finesse du décor (tracé à main levée, pas sérigraphié) et à l’épaisseur régulière de l’émail.
Prix céramiques Rishtan (2026) :
- Petite assiette décorative : 50 000-120 000 UZS (4-9€)
- Bol à plov familial : 120 000-250 000 UZS (9-19€)
- Grand plat de présentation : 200 000-500 000 UZS (15-38€)
Les suzanis de Boukhara
Le suzani est la grande broderie murale traditionnelle ouzbèke — un tissu de lin ou de coton brodé main avec des motifs de soleil, fleurs et amulettes. C’est l’un des souvenirs les plus beaux mais aussi les plus encombrants à transporter. Les suzanis de Boukhara sont reconnus comme parmi les meilleurs. Comptez 500 000-3 000 000 UZS selon la taille et la qualité (40-230€).
Khiva : le bazar de l’Ichan Kala
Khiva offre l’expérience de shopping la plus intime et la plus poétique. Le bazar se déroule dans les ruelles de l’Ichan Kala (la cité fortifiée), entre minarets et médersas, dans un décor de conte des Mille et Une Nuits.
L’artisanat khivain a ses spécialités : les objets en bois sculpté (portes, coffrets, jouets), les broderies sur soie à motifs zoroastriens, les instruments de musique traditionnels (dutar à deux cordes, dombra, rubab). Les tapis miniatures représentant l’Ichan Kala sont un souvenir très couru.
Conseil pratique : le marché de Khiva est surtout actif en matinée (7h-12h). L’après-midi, la chaleur intense vide les rues. Prévoyez vos achats tôt. Si vous cherchez à combiner shopping et découverte de la cuisine ouzbèke traditionnelle, Khiva propose aussi des restaurants dans l’Ichan Kala où les plats régionaux (plov de Khorezm, manti) accompagnent parfaitement une matinée de bazar.
Les voyageurs qui souhaitent partir au-delà des sentiers balisés d’Asie centrale trouveront des ressources complémentaires sur Osons Voir Ailleurs, qui couvre notamment les marchés de rue du Tadjikistan et du Kirghizstan — proches cousins des bazars ouzbeks.
Comment négocier les prix sans froisser personne
La négociation fait partie intégrante de la culture marchande ouzbèke — mais avec des règles non écrites qu’il vaut mieux connaître avant de vous lancer.
Quand négocier (et quand pas)
Négocier est approprié : dans les bazars traditionnels pour l’artisanat, les souvenirs, les tissus, les tapis. En général, si le prix n’est pas affiché, c’est négociable.
Ne pas négocier : dans les boutiques avec prix affichés (situation de plus en plus courante), dans les restaurants, dans les transports officiels.
La technique en 4 étapes
- Montrez de l’intérêt sans enthousiasme excessif — le marchand monte toujours le prix face à un acheteur visiblement conquis.
- Demandez le prix en le regardant dans les yeux.
- Proposez 50-60% du prix annoncé, avec un sourire calme.
- Laissez le marchand contre-proposer et montez progressivement, jamais en sursauts. La négociation se clôt naturellement quand les deux parties trouvent le juste milieu.
À ne jamais faire : commencer à négocier si vous n’avez pas l’intention sérieuse d’acheter. Cela crée une tension inutile et est perçu comme irrespectueux.
À retenir
La négociation se fait en douceur : proposez 50 à 60 % du prix annoncé avec le sourire, puis laissez le marchand contre-proposer. Ne négociez jamais si vous n’avez pas l’intention sérieuse d’acheter.

Mots utiles en ouzbek pour le shopping
- Necha turadi ? — Combien ça coûte ?
- Qimmat — C’est cher.
- Arzonroq bo’ladimi ? — Pouvez-vous faire un prix ?
- Rahmat — Merci.
Ces quelques mots font toujours sourire les commerçants et détendent l’atmosphère.
Que ramener d’Ouzbékistan : guide des meilleurs souvenirs 2026
Le tableau suivant résume les meilleurs souvenirs ouzbeks, avec les fourchettes de prix réalistes pour 2026 et les meilleurs endroits pour les trouver.
| Article | Prix indicatif (2026) | Où acheter le mieux |
|---|---|---|
| Suzani (broderie murale, 80×80 cm) | 400 000-1 500 000 UZS (30-115€) | Taqs de Boukhara, boutiques Samarcande |
| Céramique Rishtan (assiette) | 50 000-200 000 UZS (4-15€) | Ateliers Rishtan, Taqs Boukhara |
| Soie ikat (métrage, 1m) | 200 000-500 000 UZS (15-38€) | Samarcande, Margilan |
| Miniature persane (petite) | 200 000-600 000 UZS (15-46€) | Ateliers Registan, Samarcande |
| Bol à plov traditionnel | 120 000-250 000 UZS (9-19€) | Chorsu (Tachkent), Taqs Boukhara |
| Couteau de Chust (artisanal) | 60 000-200 000 UZS (4,60-15€) | Chorsu Tachkent, Chust |
| Chapeau doppi (calotte brodée) | 30 000-100 000 UZS (2,30-7,50€) | Chorsu Tachkent, tous les bazars |
| Tapis miniature Khiva | 150 000-400 000 UZS (11-30€) | Ichan Kala, Khiva |
| Thé vert en vrac (500g) | 25 000-50 000 UZS (2-4€) | Chorsu Tachkent, tous les bazars |
| Épices mélange (100g safran) | 50 000-80 000 UZS (4-6€) | Chorsu Tachkent |
| Instrument de musique (dutar) | 300 000-800 000 UZS (23-61€) | Khiva Ichan Kala, Boukhara |
| Papier samarcandais (cahier) | 65 000-200 000 UZS (5-15€) | Atelier Meros, Konigil (Samarcande) |
Conseils douane pour le retour
- Franchise bagages : vérifiez les limites de votre compagnie aérienne (généralement 20-23 kg en soute).
- Antiquités : tout objet présenté comme ayant plus de 50 ans nécessite une autorisation d’exportation du Ministère de la Culture ouzbek. Les vendeurs sérieux vous déconseillent de prétendre vendre des antiquités.
- Tapis : les tapis de grande surface peuvent être roulés et expédiés par fret international (service proposé par certains vendeurs de Boukhara).
- Règle des reçus : conservez tous vos reçus d’achat. En cas de contrôle douanier, ils prouvent la valeur marchande et l’origine commerciale des objets.
Bon à savoir
Tout objet présenté comme une antiquité (plus de 50 ans) nécessite une autorisation d’exportation du Ministère de la Culture ouzbek. Conservez systématiquement vos reçus d’achat pour éviter tout souci à la douane.